Le 15 Mai dernier, je pensais que nous touchions au but.
Un projet de loi visant à institutionnaliser la formation aux gestes qui sauvent devait être présenté en séance plénière. Malheureusement, le projet de loi est arrivé à l'Assemblée Nationale tardivement, devant à peine une trentaine de députés (sur 577 théoriquement), et il a dû être retiré, "par manque de temps" !
Visiblement nos chers élus avaient mieux à faire (baffrer à la cantine de l'Assemblée peut-être), que de prendre du temps, pour donner une chance aux victimes de rester en vie.
Quelques jours plus tôt, le 7 Mai 2025, j'avais visionné la séance de la Commission des Affaires Sociales, où était débattu l'avant projet de loi du Député Salvatore CASTIGLIONE. J'avais été effaré par les arguments de certains partis politiques pour refuser notamment l'adossement de l'obtention du permis de conduire à la détention d'une formation à jour aux gestes qui sauvent (lien vers mon article).
Les arguments avancés étaient du style que cela "discriminait", car "trop coûteux" (je rappelle que la formation au PSC1 coûte 60€... 2 fois moins cher qu'un maillot du PSG !), et que du coup cela risquait d'exclure certaines personnes du permis de conduire.
D'autres avançaient qu'un crédit d'impôts serait coûteux pour les finances publiques... alors même qu'ils défendent des niches fiscales bien plus coûteuses. Paradoxalement, vous pouvez défiscaliser un don à un organisme de formation aux premiers secours, mais pas une formation aux premiers secours. Cherchez l'erreur !
Pendant ce temps, le temps passe, et les victimes d'arrêt cardio-respiratoires sont chaque jour un peu plus, à attendre qu'un "bon samaritain" puisse éventuellement leur venir en aide, les sauver, et leur éviter de graves séquelles neurologiques, en cas de prise en charge tardive.
A ces députés qui se croient précautionneux des finances publiques, je leur conseil de lire attentivement l'article du Dr Paul DARDEL, fondateur et président d'honneur de Staying Alive (une des applications que je présentais le 10 janvier 2025).
Au-delà de la tragédie humaine, ils y apprendraient que le coût caché de l'arrêt cardiaque en Europe est de 282 Milliards d'Euros, dont 18,7 Milliards d'Euros en France, soit 0,8% du PIB (ce qui accessoirement correspond à environ 50% du trou de la Sécurité Sociale). Ce n'est certes pas avec les gestes qui sauvent que nous sauveront la Sécurité Sociale, mais en formant massivement, on pourrait limiter considérablement le coût à terme pour la société.
Avec un taux de survie de 3 à 5% en France, contre 7,6% en moyenne en Europe, la France investi massivement dans l'urgence... mais récupère trop peu de vies.
A défaut d'avoir une conscience humaine, nos décideurs politiques devraient prendre conscience que chaque point de pourcentage gagné en survie représente des milliards d'économies, et accessoirement des milliers de familles préservées (mais en ont-ils cure ?).
L'enjeu n'est plus seulement médical, il est économique et sociétal.
Plutôt que de créer de nouveaux impôts, nos femmes et hommes politiques devraient apprendre à économiser en investissant là où il y a un intérêt citoyen et sociétal.
Article du Dr Paul DARDEL : Impact économique de l'arrêt cardiaque en France et en Europe
